La fin d’une époque.

© Games Workshop

Presque tous les amateurs de jeux de figurines sont au courant à présent : en 2015, Games Workshop a sabordé un de ses jeux phares, Warhammer Battle, pour en lancer un nouveau qui s’appelle « Age of Sigmar ».

Fini le Vieux Monde dont les histoires épiques ont bercé l’imagination de nombreux joueurs. Adieu les routes boueuses qui menaient à Altdorf, adieu les cultes d’adorateurs du Chaos qui se cachaient au sein de l’Empire, adieu la Sylvanie et ses innombrables morts-vivants, adieu les elfes et la guerre entre asurs et druchiis, adieu les skavens qui grouillaient dans le monde souterrain. Les fanatiques et les prophètes déments avaient raison : « la fin est proche, repentez-vous » disaient-ils.
La Fin des Temps est bel et bien venue et le Vieux Monde fut détruit par les dieux du Chaos et leurs serviteurs.

À présent, Games Workshop a démarré l’Âge de Sigmar : le dieu emblématique a survécu à l’apocalypse (et il n’est pas le seul). Avec l’aide d’autres dieux, il a apporté la civilisation dans huit nouveaux mondes, les Royaumes Mortels. Mais le Chaos vient à nouveau frapper à la porte (ou plutôt la défoncer à coups de pieds en fait). C’est une nouvelle partie qui commence mais cette fois-ci les règles du jeu ont changé : Sigmar n’a certainement pas l’intention de laisser les Puissances de la Ruine tout détruire encore une fois, et son armée d’élite aux armures scintillantes, les Stormcast Eternals, vont se charger de repousser les hordes du Chaos à coups de marteau dans la face (avec l’aide des vieux alliés de Sigmar qui ne sont pas inactifs non-plus).


Inutile de dire que les fans de Warhammer Battle n’ont pas beaucoup apprécié l’arrêt pur et simple de leur jeu tandis qu’Age of Sigmar fut très critiqué dès sa sortie. Les critiques allant de la diatribe virulente sur les forums internet à l’immolation de figurines (dans le cas spécifique d’un youtubeur furieux qui avait une manière tout particulière d’exprimer sa colère).

Réellement il aura fallu attendre un an ainsi que la sortie du Manuel du Général en été 2016 pour que la sauce commence à prendre et que la communauté autour d’AoS se développe. À présent, diverses armées sont apparues (ou ont été recyclées, comme c’est le cas des Beastclaw Raiders) et l’univers des Royaumes Mortels s’étoffe au fil des sorties : de nouvelles cités libres sont construites tandis que des peuples se réfugient sous la lumière de Sigmar après des siècles d’oppression. Mais le Chaos n’est jamais loin et les adorateurs de Tzeentch infiltrent à présent les sociétés des peuples libres.

Cependant aussi tentantes soient les aventures dans les Royaumes Mortels, celles-ci se font sans moi : bien que je surveille avec intérêt ce qu’il se passe dans l’Âge de Sigmar à l’aide de ma longue-vue,  je suis tout simplement resté dans le Vieux Monde. J’y suis bien trop attaché pour pouvoir l’abandonner. Difficile de renoncer à ce qui fut ma porte d’entrée dans le monde des jeux de figurines.

Cela dit, autant j’adore l’ancien Warhammer, autant je suis ravi que Games Workshop ait créé Age of Sigmar.
Et oui, en tant que jeu, Warhammer Battle souffrait de gros défauts selon moi :

  • des règles lourdes qui ne rendent pas le jeu très fluide à moins de les connaître sur le bout des doigts.
  • les figurines sont onéreuses (investissement en argent donc) et nécessitent d’être assemblées et peintes (investissement en temps également), pas facile de convaincre les amis de se lancer dans ce jeu s’il faut en plus ingurgiter un gros pavé de plus de 200 pages de règles.
  • un système de jeu qui se prête davantage aux grosses batailles qui nécessitent beaucoup de figurines (surtout dans sa huitième édition)
  • des figurines disposées en régiments rectangulaires, avec des mouvements raides et des champs de vision restreints (un petit rocher ou un arbre sur la route ? Hop, on fait une roue pour contourner ça!)
  • Etc.

Les règles d’AoS, en comparaison de celles de Battle, sont purgées de tout ce qui alourdissait le jeu et simplifiées à l’extrême pour tenir sur quatre pages.


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Le grand retour des figurines remisées au placard.

Quand j’ai débuté à Warhammer Battle (la septième édition venait de commencer), j’ai acheté, assemblé et peints des figurines (des elfes noirs, des nains et des gobelins si vous voulez savoir).
Puis j’ai joué quelques parties, mais pas beaucoup.
Puis plus jamais.
Et les figurines sont restées dans leurs valises pendant des années.

J’avais découvert que Battle était un jeu laborieux à jouer et qu’il n’était pas facile d’y initier mes amis (surtout s’ils manquent de temps à investir dedans, ou d’argent, si ce n’est les deux). Et j’ai aussi découvert que l’herbe était plus verte ailleurs : il existe de nombreux autres jeux de figurines qui flirtent avec le médieval-fantastique, qui sont plus faciles à jouer et qui demandent un investissement moindre (en temps comme en argent).

J’ai donc délaissé Warhammer pour jouer à d’autres jeux. Néanmoins, le Vieux Monde était toujours présent dans mon esprit, notamment par le biais du jeu de rôles.

Puis est arrivé Age of Sigmar, avec ses règles simplifiées et sa compatibilité avec les figurines de Battle. Cela a été un grand bol d’air frais. Je pouvais ressortir mes figurines de leurs valises et organiser une partie avec un ami qui joue des ogres. Il ne nous a pas fallu longtemps pour faire le tour des règles et commencer à pousser les figurines sur la table. Ce fut bien plus enthousiasmant que nos parties de Warhammer Battle d’alors. La magie a alors opéré et la nostalgie du vieux Warhammer classique s’est faite sentir.

Le Vieux Monde a été détruit à la fin de Warhammer Battle ? Certes. Et pourtant, il est toujours là. Prêt à être de nouveau exploré. À être de nouveau raconté par le biais de batailles de figurines. Et les règles d’AoS sont disponibles (et gratuitement pour la plupart) pour pouvoir y retourner facilement : une poignée de figurines, des décors, un petit scénario sur le pouce, et hop, faites rouler les dés !

Je ne peux pas me vanter d’avoir énormément joué à AoS, mais les quelques parties que j’ai pu faire ont déjà donné lieu à des histoires mémorables dont voici des exemples :

  • Une alliance d’ogres et de gobelins, en pleine incursion dans le territoire des elfes noirs, se lancent à l’assaut d’une tour de guet qu’ils doivent capturer rapidement avant l’arrivée des renforts tandis que la garnison résiste aussi vaillamment que possible.
  • Une légion commandée par un Roi des tombes et une armée d’ogres se disputent un territoire avec à la clé un duel épique entre titans : le Géant des ogres VS le Géant d’Os des morts-vivants.
  • Un secret s’est ébruité dernièrement : une tour maléfique est apparue en territoire chaotique, renfermant entre ses murs un artefact de grand pouvoir, la Couronne de Commandement. Plusieurs troupes se lancent donc à l’assaut des Désolations du Chaos et convergent vers la tour afin de s’emparer de la couronne. Elfes noirs, nains, ogres, skavens… Qui réussira donc à s’approprier la couronne légendaire ? (Réponse : les elfes noirs 😛 )

Depuis ma première partie d’AoS, j’ai « dépoussiéré » mes figurines Warhammer qui dormaient au grenier : j’ai commencé à les re-socler pour privilégier les socles ronds & ovales (qui sont plus jolis) et à reprendre la peinture d’une partie d’entre elles pour les remettre à jour. Et je me suis même remis à me procurer de nouvelles figurines Warhammer pour compléter ma collection alors que je m’étais justement juré auparavant de plus jamais en acheter, c’est dire à quel point AoS a renouvelé mon enthousiasme pour Warhammer !

Au final, Age of Sigmar signe paradoxalement pour moi le retour au bon vieux Warhammer classique. Mais simplement avec des socles ronds.

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