* * *

« Hé Hans ! Ramène-toi par ici, on a besoin de toi pour traduire ce qui est écrit sur cette plaque. »

Ledit Hans, un érudit entre deux âges, se faufila maladroitement à travers la file de laquais que son employeur, Jarod, avait engagés pour cette chasse au trésor. L’atmosphère dans le tombeau était lourde et oppressante. Hans éprouvait quelques difficultés à respirer tandis que sa chemise maculée de sueur lui collait désagréablement à la peau. En ajoutant à cela l’exiguïté du corridor, il n’était pas surprenant pour Hans de se sentir pratiquement claustrophobe. Après de longue secondes à se contorsionner entre ses collègues, tous plus musclés et solidement bâtis que lui, il parvint jusqu’au bout de la file, aux côtés de son employeur qui attendait impatiemment devant une grande porte en pierre scellée par une plaque ornée de mystérieux hiéroglyphes.

« Bon, Hans, comme tu peux le voir, cette porte est scellée. On n’a pas la choix, il faut la casser si on veut arriver jusqu’au au trésor. Maintenant, j’suis sympa et j’ai pensé à toi qui aime bien les trucs d’intellectuels et les hiéroglyphes. Profite du fait qu’on ait pas encore abattu la porte pour lire ce qui est écrit dessus et nous traduire ça. Et fais vite, hein. On n’a pas envie de rester agglutinés éternellement dans ce couloir. »

Hans opina de la tête, rehaussa ses lunettes qui descendaient le long de son nez à cause de la transpiration, et se mit à examiner scrupuleusement les inscriptions en faisant appel à toutes ses connaissances de la langue morte des nehekhariens. Pendant les longues minutes qui suivirent, seul le grésillement des torches se faisait entendre, et pourtant l’impatience était palpable dans l’équipe. Quelques-uns des hommes trépignaient en remuant, tandis que Jarod, le chef d’expédition, grommelait de temps en temps pour inciter son traducteur à aller plus vite.

« Ça y est, j’ai enfin terminé, annonça l’érudit, j’ai eu des difficultés avec symbole-là dont la signification change totalement en fonction du contexte dans lequel il est placé. Par exemple, il peut vouloir dire le mot longévité ou bien…
– Fais-nous la version courte Hans, le coupa Jarod.
– Ahem, oui euh désolé, alors euh voilà : Toi qui ose violer ce sanctuaire sacré, sache que nous avons triomphé de la mort. Nous sommes les souverains de l’éternité et les siècles nous appartiennent. Crains notre courroux car notre malédiction s’abattra sans pitié sur toi et tes descendants. »

Jarod s’esclaffa de rire.
« Ben mon con… on a tous poireauté comme des andouilles en se disant que le message était peut-être un indice important sur le trésor. Et tout ça pour du vent. Allez, ça suffit les contes à faire peur aux enfants, on s’y met les gars ! Amenez les masses, on va lui régler son compte à cette porte ! »

L’équipe remua alors aussitôt pour se mettre à l’ouvrage. Les outils passèrent de mains en mains et deux grands gaillards, recrutés pour leur force physique, furent désignés pour abattre la porte. Il fallut plusieurs minutes de fracas pour parvenir à créer une ouverture praticable dans la pierre. Une fois que la poussière fut quelque peu retombée, l’équipe s’engouffra dans ce qui était une vaste antichambre ornée de colonnes.

À la lueur chiche des torches, Hans put apercevoir des fresques fascinantes sur les murs, du mobilier précieux soigneusement entreposé dans la salle et de grandes statues à l’effigie des dieux nehekhariens. Un frisson d’excitation parcourut l’équipe : ils touchaient presque au but. Le trésor devait être tout près. Jarod se frottait déjà les mains de cupidité. Quant à Hans, il songeait déjà à tout ce qu’il pourrait ramener à l’université d’Altdorf : sa réputation était pratiquement assurée.

Soudain, un des hommes à l’arrière du groupe s’effondra dans un gargouillis effrayant. Tous se retournèrent vers lui et virent avec horreur qu’il venait de se faire faucher par la lame gigantesque de l’une des statues. Celle-ci, parfaitement animée comme un être vivant, leva le bras pour porter un nouveau coup sur un autre membre d’expédition qui était trop choqué pour réagir. Une demi-seconde plus tard, son crâne s’ouvrit comme une pastèque. Jarod réagit rapidement et ordonna à ses hommes de se jeter tous ensemble sur la statue pour la déborder et la désarmer, mais Hans poussa un cri de panique en pointant du doigt vers le reste de la salle. Toutes les autres statues s’étaient mise en marche vers eux en levant leurs armes pour châtier les profanateurs.

Par delà les siècles, les Sentinelles de l’Éternité continuaient à protéger le tombeau…


Je vous présente aujourd’hui mes figurines d’Ushabtis pour l’armée des Rois des Tombes.

Dans Warhammer, les Ushabtis sont des statues de pierre, de métal et d’os, façonnées à l’effigie des dieux de Nehekhara. Elles sont animées grâces aux incantations des prêtres-liches du culte funéraire. Leur fonction consiste normalement à défendre les lieux sacrés de la Terre des Morts contre les intrus et les voleurs.

En temps de guerre, un roi ou un prince des tombes peut emmener avec lui des Ushabtis au sein de son armée. Ces combattants inhabituels sont très appréciés pour leur force prodigieuse qui leur permet de manier de gigantesques lames rituelles.

Je trouve que les figurines des Ushabtis sont tout sauf évidentes à peindre. Quand la figurine n’est pas encore peinte, seulement sous-couchée, il y a beaucoup de détails qui ne sont pas évidents à distinguer/différencier. À mon avis, il est pratiquement indispensable de les sous-coucher en blanc puis de passer un lavis/encrage de repérage afin de s’y retrouver plus facilement dans les détails.

J’aime beaucoup les Ushabtis qui symbolisent très bien l’armée des Rois des Tombes. Tout d’abord, il y a l’aspect égyptien est difficile à louper quand on représente des dieux à têtes d’animaux. Mais ici les têtes sont dépouillées de chair pour ne laisser que des crânes de chacal, de vautour et de fauve. Et il y a ensuite les parures d’or et de turquoise qui symbolisent évidemment la richesse. Les rois des tombes et leurs serviteurs ont beau être morts(-vivants), ils n’en restent pas moins riches !

En termes de jeu, les Ushabtis sont particulièrement résistants contre les soldats de base. Il faudra sortir du calibre supérieur pour pouvoir passer outre leur solidité. Et un Ushabti détruit ne reste pas forcément hors-jeu très longtemps car un prêtre liche peut réciter des incantations pour le relever.

Voyageurs, réfléchissez à deux fois avant de vous aventurer dans la Terre des Morts.

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