Hé hé hé… J’étais là le jour où vous avez débarqué de vos immenses citadelles noires avant de revendiquer ces terres. Et j’étais déjà vieille ce jour-là… Et je connais bien des sombres secrets, oh oui ! Tu veux en connaître quelques-uns ? Tu vas devoir en payer le prix, ma petite…
— Morikhaï, la vieille gorgone

Aujourd’hui, pas de nain ! Mais ils reviendront prochainement.

Aujourd’hui je reviens sur les elfes noirs avec une figurine de gorgone sanglante que j’ai peinte il y a quelques semaines.

(Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir)

Ces créatures ne sont pas des elfes noirs mais peuvent tout de même être recruté dans leurs armées.

Leurs compétences martiales sont honorables mais sans plus. En revanche elles possèdent une capacité redoutable : leur regard peut faire jaillir le sang de leurs victimes par tous les pores de la peau (bonjour l’hémorragie massive).

Dans Age of Sigmar, ces femmes reptiliennes sont la réponse adaptée face à ennemis qui déboulent en hordes (genre des unités de 40 skavens par exemple) car leur regard sanglant fera périr en moyenne le tiers des figurines ennemies. Si les ennemis en question ne sont pas immunisés à la panique, alors le test de déroute en fin de tour risque de faire très mal au joueur adverse… Rien de plus normal : quand le tiers d’un régiment explose dans une gerbe de sang, les survivants ont plutôt envie de prendre la fuite tant qu’ils le peuvent.
En revanche le pouvoir d’une gorgone est considérablement moins efficaces contre des ennemis peu nombreux mais ayant beaucoup de points de vie (des ogres par exemple) et elle est alors beaucoup plus vulnérable. On peut y voir une logique en pierre-feuille-ciseaux entre la gorgone, les horde de piétailles et les unités réduites mais robustes.

J’aime beaucoup les méduses sanglantes, cependant il y a quand même un truc des trucs que je trouve parfaitement idiot à propos de leur background officiel (écrit par Matt Ward d’ailleurs…).

Explications.

À la base, les Méduses sont tout simplement d’anciennes sorcières elfes noires. Celles-ci s’étaient amusées à utiliser leur magie pour accroître leur beauté (c’est vrai que c’est plus pratique et moins cher qu’une visite chez le chirurgien esthétique). Or voilà, la déesse elfe Atharti, Dame du Désir, dont on ignorait complètement l’existence jusque-là, prit ombrage de ces sorcières qui étaient devenues artificiellement plus belles… et décida de les punir en les transformant en méduses hideuses dépourvues d’intellect.
Conclusion de l’histoire : Morathi la Reine Sorcière emmèna ces nouvelles créatures serpentesques hors du couvent des sorcières et puis remercia Atharti pour ce « juste châtiment ».
Fin.

J’ai plusieurs problèmes avec ce background :

  1. Il existe forcément un nombre fini et limité de méduses : on ne va quand même pas imaginer que chaque année il y a de nouvelles sorcières qui jouent avec leur beauté, se font punir par Atharti et sont transformées en méduses, garantissant ainsi des arrivages réguliers de ces créatures. Il est logique que l’histoire des méduses soit connue et que les sorcières évitent dorénavant de provoquer la colère d’Atharti. Et je doute qu’il y ait eu 300 sorcières à avoir été transformées à l’origine.
  2. La méduse est censée avoir un intellect bestial et être à peine consciente de ce qu’elle était. Ce détail est contredit par la figurine qui porte une lance ouvragée qu’elle sait de toute évidence manier. Je vois mal une créature bestiale connaître le maniement de la lance.
  3. Atharti est une déesse-kleenex : elle n’existait pas dans les éditions antérieures à la V8 de Warhammer. Et quand on découvre son existence, c’est uniquement pour transformer quelques sorcières en méduses, puis pouf ! elle retombe dans l’oubli. Une déesse à usage unique donc. Comme un mouchoir en papier.
  4. Des sorcières elfes noires se rendent plus belles grâce à la magie. Et alors ? Ça valait vraiment la peine de les transformer en monstres ? Atharti est quand même une déesse vachement mesquine si elle se sent concurrencée par quelques mortelles. J’ai plutôt tendance penser que la mentalité chez les elfes noirs, c’est (grosso modo) : « Le pouvoir, c’est cool. Osez vous en servir. » De plus Atharti étant la déesse du désir, ne devrait-elle pas justement encourager les sorcières à se rendre belles à se damner et leur enseigner l’art de la séduction afin de semer le trouble dans le cœur de leurs ennemis ? Et en contrepartie, ces sorcières pourraient même honorer Atharti, ce qui serait un deal gagnant-gagnant pour tout le monde.
    …Naaan, en fait on va juste les transformer en monstres et oublier Atharti ensuite.

Vous l’aurez compris : je trouve le background officiel des méduses elfes noires un peu con. Du coup, je choisis de les voir autrement. Dans ma vision des choses, les gorgones sont simplement plus mystérieuses et anciennes : elles existaient déjà dans la Terre du Grand Froid avant que les elfes noirs ne débarquent sur ce continent. On suppose qu’elles existaient avant l’apparition des elfes, des humains ou des nains, et qu’elles seraient presque aussi vieilles que les Dragons Ogres et elles ont probablement été marquées par le Chaos (sans pour autant se mettre au service des Puissances de la Ruine). Elles vivent recluses, seules ou en compagnie de sœurs, dans des grottes obscures car elles ne supportent pas beaucoup la lumière du soleil. Elles furent évidemment découvertes par les elfes noirs à mesure que ceux-ci colonisaient Naggaroth (évidemment les premiers contacts ne se passèrent pas très bien).
Aujourd’hui, les elfes noirs ont parfaitement compris qu’il est plus profitable de laisser les méduses tranquilles dans leurs cavernes car celles-ci sont disposées à louer leurs services (en particulier le pouvoir de leur regard sanglant) ou à négocier des secrets occultes bien gardés. Les prêtresses du culte de Khaine ont d’ailleurs gagné grâce aux méduses des secrets sur la magie du sang ou la concoction de drogues qui plongent les furies elfes noirs dans un état de frénésie tandis que le Couvent des sorcières entretient de bonnes relations avec les méduses, échangeant leurs services contre des secrets magiques. Les gorgones, quant à elles, sont satisfaites de leurs relations avec les elfes noirs : leurs vies sont devenues plus confortables et leurs « clients » les rémunèrent très généreusement, que ce soient en produits luxueux ou en chair fraîche et tendre à dévorer crûment.
De plus, les elfes noirs et les gorgones sont finalement assez similaires : ce sont tout simplement des êtres cruels, égoïstes et retors qui sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. La seule différence entre ces deux races, c’est que les gorgones n’ont pas à souffrir de l’aiguillon de l’amertume : elles vivent dans l’instant présent contrairement aux elfes noirs qui vivent dans le souvenir du pays qu’ils ont perdu…

Et voilà pour les serpents-mammifères. Je reviendrai bientôt pour parler des nains (encore) et d’un donjon égyptien modulable.

À bientôt.

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